Crédit photo : Laurent Villarem

Musicienne, co-directrice artistique, enseignante… La saxophoniste Carmen Lefrançois (installée en Saône-et-Loire) a de multiples cordes à son arc. Rencontre.

Quelques mots pour résumer votre parcours ?

 

J’ai un parcours plutôt classique presque conventionnel au sein de plusieurs conservatoires. A chaque fois (sauf dans ma plus tendre enfance) j’étais à la recherche de personnalités particulières qui pouvait enrichir ma pratique instrumentale et plus largement ma culture artistique.

Tout à donc commencé à l’école de musique de Val-de-Reuil (près de Rouen). C’est plus tard que ma recherche spécifique de professeurs, pratiques que j’évoquais précédemment, m’ont guidées vers Evreux, Versailles, Bourges, Limoges et au Conservatoire supérieur de Paris.

A Paris, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes avec qui j’ai eu envie de travailler, d’inventer, de rêver… Fabriquer des utopies…

 

Ce sont toutes les rencontres que j’ai pu faire qui ont façonné la manière dont je joue et vie de la musique aujourd’hui

© Médéric Roquesalane

Vous semblez attacher une grande importance à la danse, au mouvement dans vos créations. D’où vient cet intérêt ?

 

Pendant toute mon éducation artistique, j’ai toujours pratiqué autant le basket que la musique. J’ai donc naturellement transposé les fonctionnements collectifs et la gestion d’énergie du sport dans mon approche musicale. J’ai toujours ressenti le besoin de lier les deux. De sentir quelque chose d’organique dans la façon de souffler dans l’instrument.

Vous avez toujours pratiqué le saxophone ?

 

J’ai d’abord fait des percussions, puis de la flûte à bec baroque. J’ai arrêté le saxophone pendant un temps. C’est la rencontre avec un professeur faisant parti du Quatuor Habanera qui m’a remis le pied à l’étrier.

J’ai gardé par la suite cette envie de me nourrir d’autres instruments. J’ai notamment approché le violon, la clarinette, la flûte par exemple.

Qu’est-ce qui, selon vous, vous a nourri dans vos créations ?

 

Comme je le disais, ce sont toutes mes rencontres au fil des années qui m’ont forgé. Chaque personne que j’ai rencontrée m’a influencée à un moment donné. Evidemment, mon parcours classique m’a beaucoup apporté, par les siècles d’écriture musicale que l’on peut caresser via une partition. J’ai particulièrement aimé jouer Stravinsky, Bach, Ravel… Et dans le même temps grâce à ma grand-mère j’ai découvert Miles Davis, Coltrane ou encore Charlie Parker. J’ai donc également grandi avec le jazz… Bien que pratiqué plus tard.

Nous avons beaucoup parlé de Carmen Lefrançois musicienne mais quid de l’enseignante ?

 

Je le fais un peu moins en ce moment, mais on peut dire que j’ai toujours enseigné. En tout cas depuis que je suis étudiante. Pour être précise, j’enseigne le saxophone et anime les ateliers improvisation et musique de chambre au Pôle Sup’93 (Aubervilliers) ainsi qu’au Conservatoire de Pantin.

Vous vous attachez à proposer des projets auprès de tous les publics, je pense notamment à Baby Jotax (davantage destiné aux enfants). C’est important pour vous ce travail auprès d’eux ?

 

Je me prête volontiers à ce jeu oui. J’aime particulièrement les actions que je mène auprès des enfants c’est vrai. Il y a quelque chose de spontané chez eux que j’apprécie. Ceci dit, je pense à titre personnel qu’on a peut-être tort de vouloir séparer les publics même s’il est évidemment très important de réaliser ces actions culturelles sur les territoires auprès de toutes et tous.

Vous êtes depuis peu lauréate Jazz migration avec Mamie Jotax. Dans ce cadre vous étiez dans la Nièvre pour une résidence avec Leïla Martial (du 24 au 26 octobre). Quel était l’objet de ce temps de travail ?

 

Il y a eu trois temps je dirais. Nous avons d’abord retravaillé notre répertoire actuel dans le cadre de la tournée Jazz Migration qui arrive. Nous avons également posé les bases d’un tout nouveau répertoire ; et entre ces deux temps, nous avons invité Leïla qui s’est « faufilée » sur quelques morceaux. A noter que ce qui a été joué lors de la sortie de résidence (le 25 octobre au Théâtre municipal de Nevers) correspondra quasiment à ce qui sera joué à la Dynamo (Pantin) courant novembre.

Comment vous êtes-vous rencontré avec Leïla Martial ?

 

On connaît son travail depuis longtemps (et réciproquement). On s’est rencontré à plusieurs reprises sur des festivals et un lien d’amitié s’est créé avec elle au départ. Puis nous avons trouvé des affinités. Elle, traite sa voix comme un instrument et, avec Mamie Jotax, nous explorons justement la fusion entre la voix et l’instrument. Collaborer ensemble un jour était inévitable, on peut dire.

Plus largement, des projets en région à nous signaler ?

 

Avec la coopérative WARN!NG, le projet « phare » de 2023 va être un bal. Il est actuellement en cours d’élaboration et sera créé entre la Bourgogne-Franche-Comté et Uzeste en Gironde. Nous accueillerons également des résidences à L’Usine (située à Saint-Bérain-sur-Dheune) mais l’agenda est en cours de finalisation sur ce point. Il y aura également des projets qui ont été créés l’année dernière qui vont être diffusés en région comme le sextet de Christophe Girard Space Time & Mirror ou l’ensemble Supernova qui sera prochainement en résidence au CRR de Chalon-sur-Saône avec le compositeur Karl Naegelen. Au-delà du temps de travail avec lui, des actions pédagogiques seront menées.

Le site de la Coopérative WARN!NG

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