Groupes soutenus par le CRJ en 2018

Explicit Liber

Aymeric Descharrières (saxophone soprano, ewi, voix, effets), Benoît Keller (contrebasse, viole de gambe, bouzouki, effets), Denis Desbrières (batterie, effets)

 

Après plusieurs années dédiées en grande part à la musique des spectacles du cirque contemporain Rasposo, le contrebassiste Benoît Keller revient en trio à une création tout à fait personnelle dans laquelle la musique est au centre :

"Explicit Liber est avant tout une grande fresque musicale, un voyage poétique à travers le tumulte des grands mouvements contestataires et sociaux de la fin des années soixante à nos jours.

Cette suite mélodique en deux mouvements est l’aboutissement d’un long travail de création autour de Mai 68 dont je peignis les premières esquisses dès 2003 au sein du trio Résistances. Elle est également le fruit de mes récentes recherches musicales et de mes nombreuses créations notamment dans l’univers des arts du cirque nouveau (Compagnie Rasposo) et de la danse contemporaine.

J’ai composé cet opus tel un véritable carnet de route empreint de liberté ou le jazz et la musique baroque s’ entremêlent sans complexe dans les méandres du rock progressif et des musiques électroniques. Imaginez une viole de Gambe vagabonde en pleine contestation de mai 68, un saxophone soprano à l’improviste dans la Pologne des années 80, une batterie rêveuse dans le psychédélique Summer of love de 1967, la mélodie d’une contrebasse enchanteresse dans l’ébriété d’un ewi survolté et laissez-vous emporter dans l’art du paradoxe du trio Explicit Liber."

« La beauté est dans la rue »

Benoit Keller

 

 



La Sido Orchestra

Sidonie Dubosc (chant), Simon Hannouz (saxophone alto), Pierre Antoine Savoyat (trompette, bugle),  Brice Parizot (trombone), Clément Merienne (piano), Jonathan Chamand (contrebasse), Victor Prost (batterie)

La Sido reprend à sa manière inventive et avec la fraicheur de sa jeunesse Léo Ferré et Boris Vian.

Sidonie Dubosc, entourée de ses six musiciens de jazz propose un spectacle où se répondent la fantaisie grinçante de Vian et la profondeur énigmatique de Ferré. De « J’suis snob » à « L’affche rouge », en passant par « Vingt ans », une nouvelle génération de musiciens (tous sont enfants des années 1990 à l'exception de l'ainé du groupe, Simon Hannouz, et (ex-)étudiant du Conservatoire de Chalon-sur-Saône) nous fait entendre les deux poètes et redécouvrir leurs chansons toujours aussi vivantes et singulières.

Ce spectacle, créé en 2016 à l'Arrosoir (Chalon-sur-Saône), mêle humour et intime et est un hommage à la vitalité créative de Boris et Léo.

Lucky People

Luc Véjux (batterie, composition), Olivier Bernard (saxophone), Mickaël Sévrain (clavier), Maxime Formey (basse), Christian Bretonnet (percussions)

Lucky People est le projet en quartet du batteur-percussionniste Luc Véjux, admirateur effréné des défricheurs passés et présents (tels John Coltrane, Bela Bartok, Vyacheslav Artyomov, Christian Vander ou Steve Coleman), qui s’inspire des musiques du monde et principalement de l’insondable héritage des rythmes de l’Afrique.
Lucky People présente une musique libre qui se donne la chance d’échapper au dictât de la norme et du calibrage esthétique. L’instinct nourrit la création et l’expression d’un répertoire coloré, aussi riche que varié, qui se veut un laboratoire où s’expérimentent grooves, structures, climats et improvisations, sur des thèmes et des arrangements empreints de profondeur et de sincérité.
Armé d’humilité et formé à l’école intarissable des tambours d’Afrique et du jazz drumming, le compositeur propose une rencontre, creuset de métissage, où l’oralité garantit sa danse, l’écriture sa peinture et l’improvisation sa liberté.



Mickaël Sevrain 5tet

Olivier Bernard (saxophones ténor et soprano), Aurélien Joly (trompette, bugle), Mickaël Sévrain (piano, rhodes, composition), Maxime Formey (basse électrique), Denis Desbrières (batterie)

 

Qu'il claque des clusters en musique contemporaine, se fonde dans le décor des musiques de films ou se laisse happer par les salves lyriques du Gospel, Mickaël Sévrain ne perd jamais de vue ce qui le meut, dans la périphérie des entrailles. Il est des fidélités indéfectibles. Sévrain revient aujourd'hui au jazz et livre enfin son projet de 5tet murit en cave saine depuis plus d'un an.

Mains droites sur le cœur, les cinq cocos du Sévrain Quintet, entrelacent rythme et mélodie et laissent avec une dissidence juvénile la place de l'expérimentation à la jubilation. L'écriture n'en est pas moins pointue mais reste avant - tout pointée sur le plaisir du jeu à plusieurs.

La musique de Mickaël Sévrain tape du pied sans vergogne sur le terrain du M - Base, de Radiohead ou encore dans les trilles funkelectryk du Bitches Brew de Miles Davis. Rythmiques ciselées pour le binôme Maxime Formey / Denis Desbrières, mélodies aussi simple que fouillées dans leurs contrechants prendront l’auditeur par le coude. L'énergie du jeu lorgne alors avec bonheur sur tous les possibles offerts à l’improvisation de la paire Olivier Bernard et Aurélien Joly. Énergie, dialogues incandescents, plaisir à plusieurs. Douce trinité.

 

 



AutorYno

David Konopnicki (guitare), Bertrand Delorme (basse), Cyril Grimaud (batterie)

Les trois parisiens d’AutorYno poursuivent leur chemin musical en compagnie de leur mentor John Zorn. En effet, pour leur 3e album « Flauros », le saxophoniste, compositeur et producteur New-yorkais à décidé de laisser le champ libre à David Konopnicki et ses acolytes pour réarranger son propre répertoire. Une première pour une formation française !

 

 

What If ?

Hugues Mayot (saxophone), Jozef Dumoulin (claviers), Joachim Florent (contrebasse), Franck Vaillant (batterie)

"Après dix années passées à servir brillamment divers projets, aussi bien en tant que sideman impliqué [Les bourguignons se rappelleront de l'Orchestre National de Jazz Olivier Benoit en résidences régionales en 2015-16, ainsi que de la formation de Sylvaine Hélary “Spring Roll”, soutenue par le CRJ, mais l'on peut aussi regarder du côté de Marc Ducret, André Minvielle, Pierre Durand Roots Quartet], que co-leader (Radiation 10, La Poche à Sons, GleizKrew), le saxophoniste et compositeur Hugues Mayot a créé en 2015 What If?, son premier quartet en leader."

"Sa confrontation à d’autres esthétiques et cultures, notamment à travers la richesse de ses collaborations (Magma, Orlando Poleo, Rover, Doctor L, Mike Ladd, Gustavo Ovalles, Chérif Soumano, Brice Wassy, Le Sacre du Tympan, United Colors of Sodom, François Jeanneau, etc…), a contribué à façonner son goût et sa vision singulière de la musique, mais aussi à interroger sa conception du travail en groupe."

Une conception mise en œuvre par un quartet tout en puissance contenue :

"Le son monolithique de la basse de Joachim Florent (complice de longue date au sein de Radiation 10 et du collectif Coax) est apparu comme une évidence, pour devenir une extension de celui, unique, de la batterie de Franck Vaillant. Cette rythmique minérale, pourvue d’une multitude de couleurs, est la première facette de What If?. Elle transcende le son immuable et constitue une sorte de paysage lunaire, aride, d’une beauté brute, dans lequel le claviériste Jozef Dumoulin et Hugues Mayot évoluent avec inventivité, en quête d’une apesanteur constante."

Apesanteur et aridité, à l'écoute d'Apollo, extrait de l'album What If ? paru en 2017.